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Comprendre sa tension

Cannabis et tension : y a-t-il un lien ?

Piotr Kudela • 26 Mar 2026 • 9 min de lecture • Relu par Dr Sarah Skennerton
Cannabis use and BP: Is there a link?

Le cannabis peut-il aider à réduire la tension artérielle, ou fait-il plus de mal que de bien ? Si certaines études évoquent des effets potentiellement positifs, les médecins mettent en garde contre des risques pour le cœur et le système circulatoire. Cet article fait le point sur le sujet et décrypte ce que dit réellement la science.

La consommation mondiale en augmentation

L’usage du cannabis est en hausse dans de nombreuses régions du monde : on estime à 244 millions le nombre d’utilisateurs en 2025, contre 228 millions en 2022. Si le cannabis a longtemps été associé à un usage récréatif, (mais souvent illégal), de plus en plus de pays le dépénalisent, comme le Canada. D’autres, comme la France, autorise son utilisation à des fins médicales dans un cadre très strict.

Lorsqu’on parle de « cannabis médical », il s’agit généralement de l’utilisation du cannabis ou de cannabinoïdes (des substances chimiques issues de la plante) comme traitements, par exemple pour soigner une maladie ou atténuer des symptômes. Ces produits peuvent être administrés par voie orale, sublinguale (sous la langue) ou cutanée ; mais aussi être fumés, inhalés, incorporés à des aliments ou consommés sous forme d’infusion.

En France, l’obtention de médicaments à base de cannabis a été autorisée sous la tutelle d’une expérience menée par la Haute Autorité de Santé dans certains cas précis : des neuropathies, formes d’épilepsies restantes aux traitements, des symptômes du cancer et de son traitement ou encore la sclérose en plaque. 

Fait intéressant, dans certains pays où le cannabis a été dépénalisé, comme le Canada, les personnes âgées constituent le groupe d’utilisateurs dont la croissance est la plus rapide. Dans ce contexte, il est souvent utilisé dans une optique perçue comme médicale, par exemple pour la gestion de la douleur. Mais il y a un revers à la médaille : il est démontré que ces utilisateurs sont aussi moins susceptibles de bénéficier d’un accompagnement par des professionnels de santé et s’appuient fréquemment sur des sources non cliniques. Les chercheurs tout comme les professionnels de santé alertent ainsi sur le risque important de lacunes en matière de connaissances.

Cet article propose un aperçu du cannabis et de ses composants, ainsi que de son mode d’action biologique, de ses usages médicaux, de son impact sur le cœur et le système cardiovasculaire, et présente un tour d’horizon de certaines études ayant examiné ces effets.

Cannabis : trois faits reconnus

  1. Il a été démontré que le cannabis contient deux substances chimiques qui agissent sur le corps humain : le Δ-9-tétrahydrocannabinol (également appelé THC) et le cannabidiol (CBD). Ces composés sont proches sur le plan de leur structure chimique, mais produisent différents effets.
  2. En ce qui concerne l’impact de la consommation de cannabis sur le système cardiovasculaire, les études sont encore peu nombreuses. Elles sont souvent de petite taille, menées sur de courtes périodes ou présentent plusieurs limites.
  3. Il existe différentes façons de consommer du cannabis, comme le fait de le fumer, de le vaporiser, de l’ingérer ou de l’appliquer sur la peau. Chacune de ces voies d’administration influence la quantité de substances actives à laquelle vous êtes exposé, et peut donc modifier la manière dont elles agissent dans votre organisme.

Utilisation du cannabis : effets biologiques

​​Les effets biologiques du cannabis sur l’organisme peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre et dépendent aussi du mode d’administration. Par exemple, lorsqu’il est inhalé, les composés actifs passent rapidement dans le sang et atteignent vite le cerveau et d’autres organes, avec des effets ressentis en quelques secondes à quelques minutes. En revanche, la consommation de produits contenant du cannabis par voie orale nécessite une digestion préalable, ce qui entraîne un délai d’action plus long.

Le cannabis comme option médicale

Une étude ayant analysé des données issues d’essais cliniques randomisés sur les cannabinoïdes, pour diverses pathologies, a montré des preuves modérées en faveur de leur utilisation dans le traitement de la douleur chronique et de la spasticité musculaire. Elle a aussi noté des preuves de faible qualité qui suggéreraient une amélioration des nausées et vomissements liés à la chimiothérapie, une prise de poids chez les personnes vivant avec le VIH, certains troubles du sommeil et le syndrome de Gilles de la Tourette. Cependant, ces cannabinoïdes ont aussi été associés à un risque accru d’effets indésirables à court terme, comme des étourdissements, de la confusion, des diarrhées et de la somnolence.

Le cannabis et votre cœur

L’impact du cannabis sur l’organisme dépend notamment de sa teneur en THC : plus celle-ci est élevée, plus les effets sont intenses. En ce qui concerne les effets cardiovasculaires indésirables, c’est donc ce taux de THC qu’il faut prendre en compte.

Un essai clinique publié dans le Journal of the American Heart Association en 2024 a examiné l’impact du THC sur le système cardiovasculaire. Les résultats ont montré que, avec du cannabis à dominante THC, quel que soit le mode d’inhalation (fumé ou vaporisé), les participants présentaient :

  • une augmentation de la fréquence cardiaque
  • une augmentation de la tension.

Ces deux effets pourraient favoriser une rigidité accrue des artères et une diminution de la fonction diastolique du cœur, c’est-à-dire sa capacité à se relâcher et à se remplir de sang entre les battements.

Cela rejoint les conclusions d’une autre étude menée aux États-Unis, qui a examiné l’association entre la consommation de cannabis et les événements cardiovasculaires dans la population générale, chez les personnes n’ayant jamais fumé de tabac, ainsi que chez des individus plus jeunes (âgés de 18 à 74 ans). Bien qu’il ne s’agisse pas d’un essai clinique et que l’étude repose sur des données déjà collectées (ce qui implique certaines limites), la consommation de cannabis a été associée à un risque accru d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) et d’accident vasculaire cérébral. Ce risque augmentait avec la fréquence de consommation, indépendamment du fait de fumer ou non du tabac. Une autre étude portant sur l’usage de substances récréatives chez les adultes a également mis en évidence un lien avec des maladies cardiovasculaires prématurées, quelle que soit la substance consommée.

À ce stade, le lien entre consommation de cannabis et dégradation de la santé cardiaque semble assez net. Toutefois, une différente étude mérite d’être mentionnée : chez des adultes plus âgés (âge moyen : 70,4 ans) souffrant d’hypertension, un traitement à base de cannabis pendant trois mois a été associé à une diminution de la pression artérielle systolique et diastolique, avec une baisse maximale observée trois heures après l’administration. Néanmoins, cette étude présente des limites importantes à prendre en compte : un petit échantillon, l’absence de groupe témoin, certains participants prenaient déjà des traitements antihypertenseurs, et la majorité avait des pathologies sous-jacentes pouvant influencer la tension, comme le diabète.

Le CBD et votre organisme

Jusqu’ici, nous avons abordé le cannabis dans son ensemble. Pourtant, lorsqu’il s’agit de ses effets indésirables sur le système cardiovasculaire, et donc sur votre tension, c’est principalement le THC qui est en cause. Vous avez peut-être aussi entendu parler des produits à base de CBD, souvent présentés comme bénéfiques pour la relaxation, la gestion du stress ou de la douleur et le bien-être en général. Même si cet article se concentre sur l’interaction du cannabis avec le cœur et la tension, il est utile de s’intéresser de plus près au CBD en particulier.

Le cannabidiol, ou CBD, est un composant majeur du cannabis qui n’entraîne pas l’effet euphorique associé au THC, bien que leur structure chimique soit similaire. Il a toutefois des effets physiologiques et pourrait notamment avoir des propriétés anxiolytiques. 

Une étude menée au Brésil a montré qu’une dose unique de CBD, administrée avant une situation anxiogène, pouvait réduire l’anxiété, les troubles cognitifs et l’inconfort. Les chercheurs soulignent néanmoins que des essais cliniques sur des échantillons plus larges sont nécessaires. Concernant le lien entre CBD et tension, une autre étude brésilienne publiée en 2025 suggère qu’un usage prolongé de CBD pourrait contribuer au contrôle de la tension chez les personnes hypertendues, notamment grâce à ses propriétés vasorelaxantes, mais ces résultats doivent encore être confirmés.

En résumé

Malgré l’engouement autour du cannabis comme traitement médical, et certaines preuves de son efficacité dans des indications spécifiques, comme la douleur chronique ou la spasticité musculaire, ses bénéfices plus larges restent débattus. Mais beaucoup d’études alertent toujours sur un risque accru de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

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Des méthodes naturelles prouvées pour réduire votre tension

Si l’utilisation du cannabis pour faire baisser la tension n’est pas démontrée, d’autres approches peuvent vous aider à réduire votre tension et à soutenir votre santé cardiaque naturellement. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée avec moins de sel et plus de légumes, une gestion ciblée du stress, un sommeil suffisant, ainsi que l’arrêt du tabac et la réduction de l’alcool constituent des bases solides pour votre santé cardiovasculaire.

C’est là que le Hilo Band intervient : grâce à un suivi continu de la tension, sans brassard et 24 h/24, vous pouvez suivre vos mesures sans perturber votre quotidien. Hilo analyse vos données, identifie des tendances et vous fournit des informations utiles pour aider votre médecin et vous-même à prendre des décisions éclairées. Cela permet une prise en charge de l’hypertension plus précise et plus efficace, tout en vous assurant que vous faites au mieux pour votre santé. L’appli Hilo a également été améliorée : le Hilo Band peut désormais suivre vos pas et votre sommeil, pour vous permettre de visualiser rapidement les bénéfices d’une activité physique accrue ou d’un sommeil de qualité.

FAQ

Le cannabis est-il efficace contre l’hypertension ?

Le cannabis n’est pas un traitement dont l’efficacité est prouvée contre l’hypertension. Des essais menés aux États-Unis ont montré que la consommation de cannabis à dominante THC entraînait une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension. Ces effets pourraient favoriser une rigidité accrue des artères et une diminution de la fonction diastolique du cœur. Le CBD, un autre composant du cannabis, pourrait contribuer au contrôle de la tension en cas d’usage prolongé chez des patients hypertendus, notamment grâce à ses propriétés vasorelaxantes, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Que puis-je faire pour réduire ma tension ?

À court terme, le repos, la respiration profonde (comme la respiration en boîte) et la réduction du stress peuvent aider à faire baisser la tension. À plus long terme, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée, une réduction de l’apport en sel (sodium) et, si nécessaire, un traitement médicamenteux sont les approches les plus efficaces. Le suivi continu de la tension avec le Hilo Band permet d’identifier vos tendances et de voir rapidement l’impact des changements mis en place.

Le cannabis est-il bon pour le cœur ?

En bref, non. L’exposition au THC peut augmenter la fréquence cardiaque et accroître le risque de crise cardiaque, en particulier chez les personnes ayant déjà des problèmes cardiaques. Certaines études suggèrent que le CBD pourrait avoir des effets protecteurs et vasodilatateurs, mais les études à grande échelle et sur le long terme restent limitées. La prudence est donc de mise.

Avis de non-responsabilité : cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne contient pas, ni ne remplace, un avis médical. Si vous souhaitez modifier votre régime de santé et/ou suivre votre pression artérielle à domicile, parlez-en à votre médecin. 

Si vous ou une personne proche avez besoin d’aide, vous pouvez contacter Drogues Info Service.


Sources :

L’usage du cannabis continue d’augmenter dans le monde, ONU Info,
https://news.un.org/fr/story/2025/06/1156826 (Consulté en mars 2026)

Le cannabis reste la drogue la plus consommée dans le monde, ONU Info, https://news.un.org/fr/story/2024/06/1146631 (Consulté en mars 2026)

Cannabis (Loi et réglementation), Gouvernement du Canada, https://www.justice.gc.ca/fra/jp-cj/cannabis/ (Consulté en mars 2026)

Cannabis : quelles sont les règles ?, Service-Public.fr, https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35817 (Consulté en mars 2026)

S.A. Abuhasira, L. Shbiro, Y. Landschaft, Medical use of cannabis and cannabinoids containing products – Regulations in Europe and North America, Drugs & Aging, 2020, (en anglais) https://doi.org/10.1080/07317115.2020.1746720

F. Häuser, F. Petzke, W. Fitzcharles, Efficacy, tolerability and safety of cannabis-based medicines for chronic pain management, Douleur et Analgésie, 2021,(en anglais) https://doi.org/10.1016/j.douler.2021.03.001

Inhalation ou ingestion de cannabis : quels risques ?, Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2019-06/CCSA-Cannabis-Inhaling-Ingesting-Risks-Infographic-2019-fr_0.pdf (Consulté en mars 2026)

Study on the effects of cannabis on blood pressure, ClinicalTrials.gov, https://clinicaltrials.gov/study/NCT04693884 (en anglais) (Consulté en mars 2026)

Diastole : définition, Futura Sciences, https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-diastole-3247/ (Consulté en mars 2026)

R. Keith, et al., Acute cardiovascular effects of THC-dominant cannabis, Journal of the American Heart Association, 2024, (en anglais) https://doi.org/10.1161/JAHA.123.030178

Infarctus du myocarde, l’Assurance Maladie, https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/infarctus-myocarde (Consulté en mars 2026)

Maladie cardiaque : alcool, tabac et drogues, les substances qui multiplient le risque, Santé Log,
https://www.santelog.com/actualites/maladie-cardiaque-alcool-tabac-et-drogues-les-substances-qui-multiplient-le-risque-par-9 (Consulté en mars 2026)

M. Turgeon, C. Whissell, S. Amos, Cannabis et santé cardiovasculaire, Université de Montréal, 2020,
https://md.umontreal.ca/wp-content/uploads/sites/57/2020/10/TurgeonWhisselAmos.pdf

A. Souza, et al., Effects of cannabidiol on blood pressure regulation, Current Hypertension Reports, 2025, (en anglais) https://doi.org/10.1007/s43450-025-00680-6

Respiration carrée, Ville de Toronto, https://www.toronto.ca/wp-content/uploads/2021/03/8dcc-poster-french-box-breathing.pdf (Consulté en mars 2026)

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Dr Sarah Skennerton

À propos du relecteur médical

Dr Sarah Skennerton

Médecin généraliste, Royaume-Uni

Dr Sarah Skennerton est médecin généraliste (General Practitioner) au Royaume-Uni. Elle a obtenu son diplôme de l’Imperial College London en 2008 avec mention en pratique clinique et un Bachelor en endocrinologie. Elle a obtenu le MRCGP (diplôme britannique de médecine générale) en 2013 et exerce en médecine générale depuis lors. Elle a ensuite complété des diplômes postuniversitaires en santé de l’enfant, santé sexuelle, soins palliatifs ainsi qu’en obstétrique et gynécologie. Ces sept dernières années, elle s’est principalement consacrée à la médecine d’urgence. Elle s’intéresse également au fitness et est instructrice de Pilates diplômée.
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Piotr Kudela

À propos de l’auteur

Piotr Kudela

Éditeur de contenu santé, Hilo by Aktiia

Piotr Kudela est éditeur de contenu santé chez Hilo by Aktiia. Depuis son arrivée chez Aktiia en juillet 2022, il travaille sur des contenus de santé consacrés à la mesure de la tension artérielle, à la santé cardiovasculaire et à l’information des patients. Il collabore avec des relecteurs médicaux, des spécialistes produit et des experts internes afin de rendre les articles clairs, accessibles et utiles pour les lecteurs.
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